Création de “tiers-lieux” naturels

Le concept de tiers-lieux naturels est encore méconnu. Pour le comprendre, un détour par la définition de ce qu’est un tiers-lieu est nécessaire.

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Le tiers-lieu part du principe qu’en dehors des deux principaux environnements sociaux que sont la maison et le travail, il existe une troisième catégorie de lieux dédiés à la vie sociale de la communauté : des espaces où les individus peuvent se rencontrer, se réunir et échanger de façon informelle. Il s’agit d’endroits que les usagers utilisent quotidiennement, et dans lesquels ils font partie de l’environnement, d’autant plus qu’ils les fréquentent. On parle d’ancrage physique ou de sentiment d’appartenance.

Or ces tiers-lieux, très liés à la vie de la rue, ont entamé une phase de déclin et se sont vus relégués en intérieur avec l’arrivée du règne de la voiture qui a réduit considérablement les possibilités de s’approprier l’environnement urbain autrement que comme espaces de circulation, contribuant ainsi à une perte progressive de lien social.

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On voit pourtant aujourd’hui ressurgir un intérêt pour les tiers-lieux sous diverses formes, principalement en intérieur (espaces de coworking, FabLab, HackerSpace, Repair’Café…), mais aussi en extérieur (jardins partagés, Incroyables Comestibles…).

Le site internet tiers-lieux.be tente d’en donner une définition simple : “espace physique prévu pour accueillir une communauté afin de permettre à celle-ci de partager librement ressources, compétences et savoirs.

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Le concept de tiers-lieu naturel propose de faire un pas de côté pour y intégrer la notion environnementale. En effet, Connected by Nature part du constat suivant :

  • 600 km2 de sols sont artificialisés chaque année, soit l’équivalent d’un département français tous les dix ans (la progression des surfaces artificialisées est 4 fois plus rapide que la croissance démographique)

  • 21 % des espèces animales sont menacées en France métropolitaine (dont les abeilles qui ont vu leur nombre fondre de 20 % ces 20 dernières années)

  • les nouvelles générations sont menacées par le « syndrome de manque de nature » (Richard Louv) qui entraîne obésité, troubles de l’attention et du comportement

  • être au contact d’espaces verts apporte plus de bien-être, de cohésion sociale et moins de criminalité au niveau local

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Dans cette perspective, Connected by Nature estime qu’un tiers-lieu naturel se doit d’être un lieu à usages multiples et croisés, dont :

  • un lieu de partages de connaissances (jardin partagé), mais aussi pédagogique (soit qu’un espace pédagogique créé en tant que tel, soit qu’on considère une zone ensauvagée pédagogique en soi)

  • un espace de nature à préserver au milieu d’une jungle de béton et de bitume

  • une oasis de biodiversité, donc plus « sauvage », ou avec un degré de naturalité/féralité important

  • un lieu de rencontre et de sociabilité pour tout le voisinage

  • un lieu unique pensé par et pour ses habitants afin qu’ils en soient les meilleurs défenseurs

  • un lieu récréatif fait d’aménagements pensé pour les loisirs et de zones ensauvagées laissés à l’imagination de tout un chacun

  • un espace comestible

  • un lieu qui développe le sentiment de nature (pas nécessairement égal à la quantité de nature) en jouant sur un design biophilique et une appréhension du milieu à travers nos 5 sens

Reportage pour Ville de Tours. Tours-sur-Loire 2012. Photographie Cyril Chigot.

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Recherche-action collaborative
« Plantes sauvages comestibles et résilience alimentaire en milieu urbain »

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